Bois de Harre (ou le BHV wallon - "Bois de Harre Verboden" !) – Manhay se ridiculise, la Province sauve la mise. La Région doit confirmer !
Vous imaginez un concierge, en manque de fonds, vendre l'immeuble qu'il est chargé de surveiller et protéger ? Vous accepteriez que votre banquier vende à son seul profit votre pécule déposé dans ses coffres ? Et un gardien de prison négocier la libération de ses détenus contre une jolie rançon ? Non certes !
Or, les autorités communales de Manhay ont pensé à quelque chose de similaire vis à vis du réseau de chemins vicinaux manhaytois.
Car la très boisée commune de Manhay a semblé plus attirée par le mirage des gros sous que par la préservation du patrimoine vicinal dont elle a charge de gardiennage. Accéder aux demandes d'un riche propriétaire désireux de transformer l'entièreté du Bois de Harre en domaine totalement privé en contrepartie d'un pseudo pactole de quelque 600.000 euros en faveur de la commune, voilà ce que défendent le collège et le conseil communal de Manhay. Et tant pis pour tous les citoyens domiciliés hors de la commune de Manhay qui ne verront pas la couleur de l'argent et ne pourront plus utiliser les chemins du Bois de Harre. Tant pis aussi pour les Manhaytois qui sont dubitatifs sur l'usage qui sera fait de l'argent éventuellement récolté. Quant à savoir si l'argent promis serait réellement versé, nous avons plus que de sérieux doutes : on rappellera que l'article 29 de la loi vicinale stipule que la valorisation se fait APRES le déclassement, et par voie d'experts. Que le propriétaire riverain peut finalement décider de ne pas acheter (si le prix lui paraissait trop élevé) mais que la commune, elle, ne peut plus refuser de vendre. Bref, tout ce qui se négocie en faveur de la commune avant la décision du collège provincial, c'est du vent. Quant au mécanisme de caution, il paraît tellement alambiqué par rapport aux prescrits légaux que la seule conclusion à tirer est que tout cela n'est que de l'esbroufe. En définitive, voilà tout un montage qui paraît à tout le moins biscornu et qui sent le soufre plus que l'oseille.
Après l’enquête publique qui a permis à plusieurs centaines de personnes d’exprimer leur opposition et malgré une pétition de plusieurs milliers ( !!!) de signatures pour le maintien des chemins , le conseil communal a persisté dans son attitude stupide et présenté la proposition de déclassement au Collège provincial.
Celui-ci, nullement aveuglé par les fallacieuses promesses de gros sous du riverains, a fait preuve de bon sens et très logiquement refusé les déclassements (sauf pour quelques petits bouts de chemins en cul-de-sac). Ridiculisée, la commune de Manhay s’en est tenue là.
Sans surprise, le riverain est allé en recours auprès de la Région dont nous espérons à bon droit qu’elle maintiendra la décision provinciale. Dans ce cas, on peut penser que le propriétaire, dont l’égoïsme et l’esprit d’accaparement du bien public est patent comme ses moyens financiers poussera jusqu’au Conseil d’Etat. Il convient donc de rester vigilant et d’appeler les autorités gouvernementales à exécuter un travail soigné et rigoureux pour ne pas être en défaut de forme. Sur le fond, il est clair que la défense de l’intérêt public, pour toutes les raisons évoquées plus hauts, ne peut que mener à maintenir les chemins dont question.
Vous pouvez donc, amis promeneurs, continuer à vous promener dans les Bois de Harre. Pour information, vous pouvez consulter l'excellent site http://www.boisdeharre.be.